Avez-vous déjà remarqué que le silence n'est jamais total ? Comme pour confirmer cette idée, un raclement de chaises se fit soudainement entendre dans la pièce voisine tirant Shikamaru de sa rêverie éveillée.
C'était le signal le plus évident que ça n'allait pas tarder à sonner.
Détournant son regard du cerisier centenaire planté en plein milieu de la cour, le Nara reporta son attention sur leur professeur de lettres qui comme à son habitude, racontait la vie tellement passionnante d'un auteur qu'ils étaient sensés connaître. Sensés.
Il lisait un extrait de texte et sa voix monocorde semblait dire « Mais bordel qu'est-ce que je fous là ? Y en a pas un qui m'écoute ! ». Et Shikamaru ne pouvait pas lui donner entièrement tord. Il était lui même le premier à s'évader durant ses cours. Ce n'était pas sa faute s'il était -comme lui avait un jour écrit un professeur dans son bulletin de note- : « désinvolte ». Désinvolte ? Etait-on désinvolte parce qu'on donnait l'impression de dormir dans un coin de la salle ? Après cette histoire, il avait montré à cet homme ce qu'était vraiment être désinvolte...
Il fixa l'homme au tableau et se demanda à son tour ce qu'il faisait ici. Même sans études, il aurait pu se faire pistonner pour intégrer une boîte célèbre et mener une vie de pacha sans se fatiguer. Toutes les portes lui étaient ouvertes... Il aurait même pu intégrer la pègre locale et qui sait... devenir un génie du crime. Il en avait l'intelligence et les moyens ne manquaient pas dans le milieu de son père. Car, inutile de jouer les faux modestes : il était bel et bien un génie.
Pas forcément par ses notes scolaires qui ne dépassaient guère souvent les 14/20 vu qu'il ne faisait aucun effort, mais par son exceptionnel Q.I.
Ce jeune homme de 17 ans était doté d'un cerveau capable de rivaliser avec les éléments les plus brillants de ce bas-monde.
La cloche retentit.
D'un air blasé, Shikamaru attrapa l'unique bouquin qui traînait sur sa table, le passa sous son bras et quitta la salle sans un mot. Il était midi et Sasuke devait sûrement l'attendre pour aller casser la croûte par là.
« Sasuke... », Ce jeune homme était quant à lui un véritable phénomène de société. 17 ans. De plutôt longs cheveux pour un mec, relevés à l'arrière par du gel. Comme la plus part des japonais, il était brun foncé tirant vers le noir. Rien de particulier.
Mais, ce qui le démarquait vraiment des autres lycéens, était son incroyable popularité. Il était la coqueluche du bahut en quelque sorte. Il entrait dans la catégorie « sombre et ténébreux, discret et peu causant ». De taille moyenne, il faisait parti des célébrités de l'établissement.
Le mystère planant en permanence autour de lui et son caractère sombre faisaient, aux dire des autres, tout son charme. Toutes les filles, des deux parties du lycée et même quelques gars se le disputaient sans arrêt. Le « Prince Sasuke », comme elles l'appelaient entre elles.
Le pire c'est qu'il n'avait jamais porté d'intérêt à tout cela. Encore un gosse de riches qui se croyait au dessus de tout par la nature de ses gènes.
Shikamaru soupira. L'Uchiwa était certes gentil, mais il pouvait cependant parfois être exaspérant.
D'ailleurs en parlant du loup : Il était là, à l'endroit prévu, négligemment appuyé contre la rambarde, les yeux dans le vague. Un léger sourire se peignit sur le visage du Nara. Ce gars, même au naturel, était la classe incarnée.
- Salut !
- Hm... 'lut.
Devant le peu d'entrain que le brun montrait, Shikamaru décida d'engager la conversation.
- Tu veux manger quelque part en particulier ?
- Pourquoi pas sur le toit...
- Ok, sourit-il, je te suis.
Sasuke, se releva, jeta son sac sur son épaule et prit la direction de la sortie du bâtiment littéraire. Shikamaru put encore profiter du spectacle qu'il offrait. La plus part des filles, s'écartaient de son chemin en riant bêtement. Pff... l'amour rendait débile...
Pourquoi s'acharnaient-elles ? Leur sentiment n'était pas partagé de toute façon... ça se voyait qu'elles ne connaissaient pas le brun comme lui le connaissait, sinon elles le fuiraient.
- Au fait, dit Sasuke alors qu'ils montaient les marchent de l'escalier donnant accès au toit, t'as eu des échos par rapport aux nouveaux toutous de l'administration ?
- Plus ou moins... et toi ?
- J'ai entendu dire de mon côté qu'ils étaient assez compétents pour une fois. Il y en aurait deux de notre partie et trois autres du lycée principal...
Un très long discours de la part de l'Uchiwa qui parlait normalement par monosyllabes. Shikamaru sourit à nouveau en songeant à sa rencontre de la semaine passée.
- Boarf... ce sont des pions après tout. Qui vivra verra... mais je dois reconnaître qu'ils ont du caractère.
Sasuke haussa légèrement un sourcil en lançant un regard interrogateur à son ami. Celui ci le dépassa en secouant la tête du genre « Rien, laisse tomber... »
Deux étages à monter. Quelle idée de mettre les toits au sommet des bâtiments surtout lorsqu'il n'y avait pas d'ascenseur. Sasuke avait vraiment envie de le faire transpirer. Mais bon, d'un autre côté, il ne lui en voulait pas. De là haut, la vue était imprenable et le calme incomparable. Ils seraient loin de tous les bruits de la cour et du parc. Un calme qu'affectionnait le brun et qu'appréciait le Nara. Depuis leur entrée dans l'établissement, ils s'y étaient toujours réfugiés. C'était même à cet endroit précis qu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois. Une pure coïncidence ? Peut-être pas.
Sasuke s'assit en tailleur et sortit son bentô, tandis que le Nara s'allongeait sur le dos, perdant son regard au milieu des nuages. Un sourire heureux étira ses lèvres. C'était là son activité préférée. En même temps... qu'existait-il de mieux que de pouvoir flemmarder au soleil en ne pensant à rien.
Mais la voix grave du brun le rappela à l'ordre.
- Tu n'as rien à manger ?
- J'ai pas pris mon sac ce matin...
- Donc tu n'as rien ?
- Non...
Un petit silence suivit la réponse directe de l'héritier Nara.
- Tiens, dit Sasuke en tendant son repas. Tu devrais manger un peu plus.
- Je n'ai pas faim, merci.
- Prends, je te dis !
- Et moi, je t'ai dis que je n'avais pas faim.
- Ta fierté te perdra, Shikamaru.
- Hmpf... Et c'est toi qui dis ça...
Tranquillement, Sasuke porta ses baguettes à ses lèvres comme si rien ne s'était passé. Il ne faisait plus attention au jeune homme à ses côtés qui ne disait pas un mot. Ce petit jeu dura deux bonnes minutes, jusqu'à ce que Shikamaru se décide finalement à parler.
- Hm... un peu alors, murmura-t-il.
- J'en étais sûr...
- Tss... galère, répondit-il en rougissant.
Il fit passer son plat au Nara, avant de s'allonger à son tour en croisant les bras derrière sa tête. Que le temps passait lentement. Il n'aimait pas ce lycée, n'aimait pas ses élèves ni ses professeurs. La seule présence qu'il supportait était celle du flemmard. Ce dernier ne lui demandait rien, n'attendait rien de lui, ne l'obligeait pas à parler ou à se confier. Il était seulement là.
- ... y aller...
Sasuke ouvrit les yeux, Shikamaru était penché vers lui.
- Pardon ?
- Hmpf... Tu pourrais m'écouter de temps en temps, enfin, je disais que je devais y aller. On est lundi...
- Ah oui, c'est vrai... Bon courage.
- Merci...
- Combien, déjà ?
Un petit sourire satisfait étira les lèvres du jeune homme brun.
- Sept.
- Hmpf... Il est nouveau ?
- Oui...
- Je le plains...
- Moi aussi quelque part. Il n'a pas mérité ça. Mais bon, après tout, il est payé pour ça !
- C'est ça...
Sur ces mots et un petit salut de la main, Shikamaru quitta Sasuke, le laissant seul. Ce dernier peu perturbé par le départ de son ami, jeta un coup d'oeil à sa montre, 12h16. Il avait encore une demi-heure devant lui. Fermant à nouveau les yeux, il se laissa emporter par ses songes. Shikamaru reviendrait le chercher avant d'aller en cours.
**
Shikamaru en tant que grand habitué, pénétra dans la pièce sans même frapper. Ça n'avait pas commencé que ça le gavait déjà. Il s'assit dans un fauteuil rembourré qu'il n'avait jamais vu jusqu'à alors, celui qu'il utilisait habituellement ayant été retiré avec l'arrivée du nouveau psychologue du lycée. Curieux malgré lui, le Nara se pencha pour pouvoir lire la plaque dorée posée sur le bureau où était gravé « SARUTOBI Asuma, psychologue spécialisé ».
Le jeune homme poussa un soupir. « spécialisé », charlatan oui ! En plus ce type était en retar...
La porte s'ouvrit brusquement, découvrant un homme assez grand, plutôt musclé d'ailleurs avec de courts cheveux noirs. En le dévisageant, Shikamaru put remarquer qu'il avait les yeux d'un profond bleu. Ce type avait autant l'air d'un psy qu'il ressemblait à la reine d'Angleterre.
- Excuse-moi gamin pour mon retard !
« Gamin », ça commençait bien.
- Vous êtes excusé.
L'homme s'assit derrière son bureau et sans attendre, ouvrit le dossier où était agrafé une photo d'identité du Nara. Sa main glissa sur le papier tandis que ses yeux parcouraient la page. Ce qu'il lut l'interloqua, mais il n'en laissa rien paraître. Ce gamin avait fait démissionner en un an, près de 6 de ses psychologues scolaires. Etonnant !
Voyant le léger tressaillement du docteur Sarutobi, Shikamaru se laissa aller à une petite remarque.
- Tout ce que l'on dit de moi n'est pas forcément vrai.
- Nous verrons bien. Mais pour commencer, voudrais-tu qu'on parle un peu jeune homme ?!
Oh ! Grosse amélioration, il était passé de « gamin » à « jeune homme ». Son dossier l'avait tant effrayé ou voulait-il jouer dans la flatterie ?
Mais cela n'empêcha pas Shikamaru de pousser un profond soupir. Cet homme ressemblait à tant d'autres. Mêmes manières agaçantes, mêmes questions stupides. On aurait dit que les psy étaient tous fabriqués dans un même moule. Pas de fantaisie et de nouveauté dans la façon d'aborder ses problèmes.
Faudrait-il qu'il lui explique à lui aussi que son cerveau était impossible à analyser ? Qu'il avait également sûrement lu plus de livres sur la psychologie humaine que le docteur dans toute sa carrière ? Bonne idée ! Il allait la ranger dans un coin de son cerveau pour plus tard. En attendant, il allait s'amuser un peu.
- Mais bien entendu docteur ! Parlons du fauteuil dans lequel je suis assis par exemple. D'après la forme, je dirais qu'il vient de l'époque victorienne, n'est-ce pas ?
Asuma réprima un sourire.
- En effet, une pure merveille ! Je l'ai découvert lors de mon voyage en Angleterre, dans une boutique d'antiquités. Une telle oeuvre d'art sous mes yeux ! On dit qu'il se trouvait au palais auparavant, dans la chambre de la reine.
Un mince sourire carnassier étira les lèvres de Shikamaru. Cela le faisait ressembler à un vampire.
- En êtes vous sûr, docteur ? Car d'après ce que je sais, il est rare que l'on tolère les faux au palais...
La main du docteur Sarutobi se crispa sur le dossier du Nara.
- Faux ? Ce fauteuil est, je peux vous l'assurer monsieur Nara, parfaitement authentique !
- Ah oui ?
Shikamaru passa un doigt sur le bras recouvert de cuir de son fauteuil.
- Regardons le de plus près, docteur ! Voyez entre les coussins, là !
Sarutobi suivit des yeux le doigt de son jeune patient.
- que remarquez-vous, docteur ?
- Des croix.
- Parfaitement ! Des motifs en forme de croix. L'imitation est remarquable, je vous l'accorde, mais si vous connaissiez un peu mieux vos leçons d'histoire, vous sauriez que ces croix ont été faites à la machine. 1920 au plus tôt. Vous vous êtes laissé abuser lors de votre voyage. Mais, après tout, qui s'en soucie ? Un fauteuil en vaut un autre, n'est-ce pas docteur ?
Asuma dissimula son désarroi en écrivant quelques lignes dans le dossier du Nara.
- Vous êtes très intelligent, Shikamaru. Comme l'indique votre dossier. Il y est aussi écrit que vous affectionnez ces petits jeux. Mais revenons-en à vous plutôt !
Et bien, il était persévérant celui la. Autant couper court à la discussion immédiatement.
- Si vous le voulez ! Mais nous risquons d'avoir un problème, docteur !
- Lequel ?
- Je sais dore et déjà quelles questions vous allez me poser et je sais quoi répondre en conséquence. Nous n'avancerons pas, si vous voulez mon avis !
Shikamaru faillit s'accorder un sourire lorsque l'homme en face de lui gribouilla sur la même feuille durant une bonne minute. Faillit. Il n'en eut pas le loisir.
- Nous avons en effet un problème, Shikamaru. Mais ce n'est pas celui la, dit-il finalement.
- Voyons voir quelle brillante théorie déjà vue et revue vous allez me sortir !
Le Nara croisa les bras en affichant un petit air satisfait. De quel mal souffrirait-il cette fois ? Peut-être dédoublement de la personnalité ou encore mensonge pathologique.
- Le problème avec vous, Shikamaru, est que vous ne respectez personne suffisamment pour le traiter d'égal à égal. Vous êtes intelligent et vous le savez, c'est ça votre problème. Vous avez un égo démesuré.
Shikamaru était interloqué. Cette remarque le déstabilisa aussi bien qu'une gifle.
- C'est ridicule, souffla-t-il. Il y a des gens que je tiens en très haute estime !
Asuma ne releva pas les yeux du dossier de son patient.
- Vraiment ? Qui par exemple ?
Le jeune homme réfléchit un instant.
- Albert Einstein, Archimède, Voltaire, Shakespeare...
- Je vois... et quelqu'un que vous auriez rencontré personnellement ?
Derrière son apparente assurance, Shikamaru craignait cette question. Il sembla réfléchir intensément, passant toutes les personnes qu'il connaissait en revu. Aucun nom ne lui vint à l'esprit.
- Alors ? Pas d'idée ?
L'héritier Nara haussa les épaules d'un air contrarié.
- Vous semblez posséder la réponse. A quoi bon me fatiguer. Pourquoi ne pas la formuler vous même ?
Asuma, non content d'avoir gagné cette infime bataille, appuya sur une touche du clavier de son ordinateur. La veille d'écran laissa place à une photo d'un paysage paradisiaque. « Les Caraïbes » songea le jeune homme, il devait aimer voyager. D'abord l'Angleterre et maintenant des îles...
A la dérobée, Shikamaru observait son actuel docteur sous tous les angles.
Ce dernier le savait très bien d'ailleurs, mais n'y prêtait pas plus attention que cela. Pianotant sur les touches avec rapidité, il ouvrit une fenêtre bien précise.
- Extraordinaire. Chaque fois que je lis ceci...
- Ma biographie, j'imagine ?
- En effet. Elle recèle d'énormes secrets mais explique également beaucoup de choses.
- Par exemple ? Demanda Shikamaru, intéressé malgré lui.
Le docteur imprima une page.
- Tout d'abord votre père. Grand PDG de la firme musicale la plus conséquente au Japon, voir mondiale. Une sorte de modèle pour vous ?
- Pas vraiment.
- Vous pouvez m'en dire plus ?
- Pas vraiment, répéta-t-il avec un sourire.
- Alors passons à votre mère. D'après le profil que j'ai sous les yeux, elle serait décédée depuis trois ans.
- Votre profil est inexacte, docteur !
- Ah oui ?
- Ma mère n'est pas « décédée », elle est portée disparue depuis trois ans. Je suis persuadé qu'elle vit encore.
- Soit ! Et comptez-vous faire comme elle, fuir votre père et vos obligations ? Aurez-vous une attitude lâche face aux problèmes de la vie ?
Cette remarque irrita au plus haut point le jeune homme brun. Intérieurement il fulminait et ne rêvait en cet instant, que de mettre un bon coup de poing dans la figure de cet abruti fouineur et calculateur. Mais alors qu'il allait ouvrir la bouche pour répliquer, une idée germa dans son esprit. Son fameux plan B. Et à bien y réfléchir, il semblait meilleur qu'un pétage de plomb devant le docteur Sarutobi qui ne devait attendre que cela.
Shikamaru sentit un frisson d'excitation lui remonter le long de la colonne. Il allait encore s'amuser un peu.
- Pourquoi dites-vous cela, docteur ? Répliqua-t-il, feignant d'être choqué. C'est un sujet sensible. Imaginez que je souffre de dépression. Vous venez d'enfoncer le clou.
- Ce serait possible, dit Asuma, qui sentit soudain une ouverture. Est-ce le cas ?
Shikamaru plongea son visage dans ses mains comme un enfant abatant toutes ses barrières morales.
- C'est à cause de mon père, docteur.
- Votre père ? L'encouragea-t-il.
Il retenait difficilement son excitation. Il était le premier homme qui arrivait à faire parler « l'invincible Nara » comme on l'appelait dans le milieu.
- Mon père, il...
- Oui ? Votre père ?
Un petit sourire étira les lèvres du jeune homme.
- Mon père m'oblige à suivre cette psychothérapie ridicule et inutile, alors que les prétendus conseillers de lycées ne sont que des ânes diplômés par on ne sait quel miracle, incapables de comprendre quoi que ce soit !
Asuma soupira.
- Très bien, Shikamaru. Faites comme il vous plaira, mais vous ne serez jamais en paix avec vous même tant que vous persisterez à fuir vos problèmes.
- Ouais, ouais. C'est ça.
Et avant que le docteur ne lui serve une analyse plus développée, il se leva et se dirigea vers la porte.
- Cette séance n'est pas terminée, jeune homme. Nous avons fait des progrès aujourd'hui, même si vous ne voulez pas l'admettre. Si vous partez maintenant, je me verrai dans l'obligation d'en informer madame la proviseur !
Cette menace n'eut aucun effet sur Shikamaru. Il se trouvait déjà ailleurs. Il devait retrouver Sasuke.
**
Toit du bâtiment des sciences, 12h16 :Shikamaru quitta le toit en claquant la porte. Il se retrouvait enfin seul. Pas que le Nara le gênait mais il était parfois agréable de se retrouver face à soi même.
Sasuke poussa un petit soupir en chassant une mèche brune qui lui tombait sur les yeux. Il faisait beau, il n'y avait personne pour lui pomper l'air et ce soir il ne travaillait que de 20h à 22h. Une horaire qu'il affectionnait. Il y avait pas mal de clients, et au moins il ne finissait pas trop tard.
En y repensant, travailler l'avait au départ répugné, mais comme lui avait appris Shikamaru, c'était le prix de la liberté.
En gagnant leur salaire seuls, ils pouvaient subvenir à leurs besoins sans en référer à leurs parents trop célèbres.
Mais alors qu'il réfléchissait, la porte d'accès au toit grinça. L'Uchiwa ouvrit les yeux qui tombèrent inconsciemment sur sa montre, 12h26. Cela faisait à peine dix minutes que Shikamaru était parti. Il n'aurait pas pu régler son compte à son psy en si peu de temps. Qui alors ?
- Si vous n'êtes pas Shikamaru, qui êtes vous ? Demanda-t-il sans se lever.
- Quelqu'un qui a pour consigne de vous virer de là.
Sasuke consentit à se relever un petit peu et s'asseoir. Faisant enfin face à son interlocuteur. Son physique peu commun le surprit. Ce dernier était blond, étrange pour un japonais. Mais sa différence ne s'arrêtait pas là. Ses yeux tranchaient également, d'un bleu azur, ils n'avaient rien de conventionnel.
- Tu es un des cinq troubles fêtes désigné par l'administration ? Lança-t-il.
Le blond n'esquissa même pas un sourire.
- Je suis chargé de la surveillance des deux sections et l'accès au toit est interdit !
- Je vois...
- Alors, va-t-en.
Le brun marqua une courte pause pour marquer la suite de sa déclaration.
- Mouais... Mais nous allons avoir un problème, yankee, je n'ai pas vraiment l'intention de bouger d'ici. Alors, que vas-tu me faire ?
- Ça dépend. Tu t'appelles comment ?
- Hm.
- Ton nom ! Tu dois forcément en avoir un...
- ... Uchiwa, céda-t-il.
Le blond sortit un petit carnet de son sac en bandoulière, très vite suivit d'un stylo bille. Il ouvrit une nouvelle page et se mit à gratter tandis que Sasuke l'observait sans un mot.
Le silence entre eux dura une bonne minute, peut-être plus, seulement interrompu par le bruit crissant du stylo survolant la feuille.
- Voilà, dit finalement le blond en arrachant le ticket.
- J'ai la flemme de lire. Qu'as-tu écrit ?
- Hmpf ! T'as rendez-vous avec le CPE de ta section dans deux heures pour avoir transgressé les règles de l'établissement et pour t'être moqué de mes avertissements. Je t'avais gentiment demandé de partir et tu continues à faire le malin.
- Je vois... c'est tout ?
Naruto fut légèrement pris au dépourvu.
- Ben...
- Bon... Tu peux dégager maintenant.
- Je...
Shikamaru choisit précisément cet instant pour faire son entrée.
- Sasuke ! On y va !
- La cavalerie arrive...
Sans se presser, il se releva, s'épousseta son pantalon de toile bleu marine et frôla le blond qui ne savait quoi dire depuis un petit moment.
- Tu manques cruellement d'autorité, yankee, lui murmura-t-il à l'oreille sans s'arrêter. A la prochaine...
**
Qui n'a jamais été le petit nouveau ? Qui n'a jamais été propulsé dans un monde totalement inconnu, seul qui plus est. Qui n'a jamais été perdu ? On y a tous goûté un jour ou l'autre. Pour différentes raisons, un déménagement, un changement d'établissement, ou même choisir un lycée différent que celui que prennent vos amis.
Pour Ino qui se trouvait devant les grilles de Kiri, la première solution était la bonne. Sa mère qui venait de divorcer, avait déménagé dans cette ville trop grande à son goût où tout le monde se foutait de tout le monde. Les gens se croisaient dans la rue sans même se voir. Sans même se respecter. Chacun vivait dans son monde. Et voilà qu'elle débarquait dans son nouveau lycée un mois après la rentrée. Il n'y avait rien de pire.
Si elle était arrivée un peu avant, elle aurait pu être comme tout le monde, perdue un peu sans repères, découvrir le jour de la rentrée les nouveaux visages. Mais là, elle arrivait alors que les amitiés s'étaient déjà formées, que chacun avait déjà plus ou moins trouvé sa place. Comme toujours, elle allait se retrouver seule.
D'un pas mal assuré et en regardant frénétiquement autour d'elle, Ino pénétra dans l'enceinte du lycée. C'était une véritable fourmilière comparée à son ancien bahut. Il y avait des lycéens partout. Mais alors là, vraiment partout. Où que son regard se posait, c'était des dizaines d'étudiants qui marchaient en couple ou même en trio. Cet établissement devait vraiment être au maximum de ses capacités à accueillir des élèves. Et le pire sans doute, était qu'ils ne portaient pas tous le même uniforme.
Elle s'avança sous le porche où elle s'arrêta un instant, cherchant un panneau d'indications. Il n'y avait rien ! Elle voulut demander à un jeune homme assis à une table à sa droite pile au moment où la cloche retentissait et que les couloirs se vidaient. Désorientée, elle ne savait plus où aller, quoi faire, à qui demander.
Sa marche se transforma en course, il y avait encore quelqu'un au bout du couloir, penché sur un casier.
- Quel lycée de merde ! Cracha-t-elle en secouant le cadenas de son casier. Y a pas un seul truc qu'est foutu de marcher ici !!!
Elle était brune, grande, mince. Une de ce genre de fille qui a tous les avantages et que tout le monde ne peut s'empêcher de détester. Ino s'arrêta derrière elle en l'observant, ne sachant trop quoi dire ni comment aborder le sujet.
L'autre se retourna sèchement. Elle portait des lunettes noires carrées qui ne faisaient que renforcer la dureté de ses traits.
- Tu veux quelque chose ? Dit-elle.
Ino remarqua alors son uniforme. Apparemment elles n'appartenaient pas à la même branche.
- Euh... Oui, tu sais où est le bâtiment H ?
- Oui.
Lui tournant de nouveau le dos, elle s'acharnait sur son cadenas. Qui après une énorme secousse et un ultime râle de colère, finit par céder. Versant sur la jeune femme tout le contenu du casier. Ce dernier, principalement composé de livres, feuilles, et classeurs se firent une joie de s'éparpiller au sol en se mélangeant bien.
Ino s'avança vers la brune en s'accroupissant.
- Je peux t'aider ?
Elle attrapa un trieur qui se versa un peu plus par terre.
- Merde !
- Je... je suis désolé !! Je voulais pas, bégaya la blonde en se relevant.
La brune, finit de ramasser ses affaires, qu'elle fourra violement dans son sac.
- Et alors ? Tu fous toujours la merde où tu vas ?!
Ino resta bouche bée devant la violence de sa réponse.
- C'est quoi ton problème ? Je cherchais juste mon chemin !
- Toi et tous les autres ici !
D'un geste, elle claqua la porte de son casier et fila sans un mot de plus, laissant une Ino hébétée, plus perdue que jamais.
Sa première journée commençait bien. Elle était paumée, venait de se faire une ennemie et la cloche avait déjà sonnée.
- Merde ! Merde ! MERDE !!!! VIE DE MERDE !!!
- Et ben ! ça c'est fait ! Fit une voix derrière elle.
Elle fit volte-face pour se retrouver face à un jeune homme brun aux cheveux en bataille.
- Tu sais où se trouve le bâtiment H, s'il te plaît ? Plaida-t-elle sans attendre.
Comme s'il n'avait pas entendu sa question, il enchaîna sur autre chose.
- Tu dois être Yamanaka Ino ?
- Euh... oui. Co.. Comment...
Il l'entraîna à sa suite dans un couloir à sa gauche tout en répondant :
- C'est la vieille qui m'envoie te chercher et te guider vers ta nouvelle classe. C'est pas facile de se repérer ici les premiers jours. Mais je vois que d'après ton uniforme tu fais partie de la branche principale, alors on va bien s'entendre, sourit-il.
- Oh ! Merci...
- Pas de quoi ! Et avant que tu poses la question, je m'appelle Inuzuka, je fais parti du conseil des élèves ! Si t'as un problème, tu peux toujours venir me voir !
- merci...
- Arrête de dire merci !
- Alors qu'est-ce que je peux dire ?
- Et bien, je m'attendais plutôt à un truc du genre « Salut Inuzuka, enchanté ! Moi c'est Yamanaka » !
- Tu connais déjà mon nom, je vois pas pourquoi je me fatiguerai à le répéter !
Kiba éclata de rire.
- Jolie répartie !
Ino sourit. Finalement sa journée ne serait peut être pas si catastrophique.
_______________
Hey les gens !!
Bon cette fois ci, vous n'avez rien à dire xD
Je suis à l'avance et avec le chapitre le plus long que j'ai jamais écrit ! Si ça continu comme ça, ma fic sera rapidement bouclée >.>"
Mais bon, bonne lecture à tous, j'attends vos impressions !
Tchou
Kiwi